
Walter Wobmann
Ancien conseiller national, président du comité «Initiative sur la neutralité », vice-président de Pro Suisse
La Commission de politique extérieure du Conseil des États (CPE-CE) a décidé, par 9 voix contre 3 et 1 abstention, de proposer à son conseil (le Conseil des États) de recommander le rejet de l’initiative populaire. Une proposition visant à élaborer un contre-projet direct a été rejetée par 7 voix contre 6.
Dans son communiqué de presse, la commission indique que la majorité ne juge pas nécessaire de modifier la pratique actuelle de la neutralité. Elle estime qu’une gestion flexible de la neutralité, dans le cadre des règles du droit international en vigueur, est particulièrement importante – surtout dans le contexte international actuel. Elle est d’avis que l’inscription d’une définition rigide de la neutralité dans la Constitution ne serait pas dans l’intérêt de la Suisse et réduirait sa marge de manœuvre en matière de politique étrangère. L’acceptation de l’initiative représenterait un abandon de cette approche flexible, qui reste essentielle à la défense des intérêts suisses et qui a fait ses preuves. La minorité de la commission, qui soutient l’initiative, considère au contraire qu’il est nécessaire de définir la neutralité dans la Constitution, car cela offrirait une base juridique plus claire et plus stable, et rendrait la Suisse plus fiable sur le plan international.
La commission renonce à proposer un contre-projet.
Le caractère unique de la neutralité suisse
La neutralité suisse, c’est-à-dire une neutralité permanente, armée et intégrale, est l’instrument le plus important pour garantir la paix dans notre pays. Cela vaut tout particulièrement dans le contexte actuel. Elle assure que la Suisse ne soit pas attaquée par un ennemi. Mais pour que cette prévention de la guerre fonctionne, il faut de la crédibilité, de la fiabilité et de la confiance dans la politique de neutralité de la Suisse.
La question centrale: neutralité crédible ou guerre?
La Suisse a le choix: neutralité ou guerre? Ce n’est que par une neutralité complète que la Suisse peut éviter d’être entraînée dans des conflits armés. Ce n’est qu’ainsi que la Suisse ne devient partie au conflit pour aucun camp. Elle n’est l’amie d’aucune puissance en guerre, mais elle n’en est pas l’ennemie non plus. Cela protège notre pays contre toute attaque.
Nous ne nous laissons pas détourner de notre cap!
Le fait que la Commission de politique extérieure du Conseil des États n’ait pas présenté de contre-projet n’est pas un désavantage. Bien au contraire: il est certain qu’elle aurait proposé une version édulcorée qui aurait affaibli le fondement de l’initiative et servi uniquement à la neutraliser sur le plan tactique lors du vote.
L’initiative sur la neutralité sera désormais examinée par la première chambre, le Conseil des États, lors de la prochaine session d’été (du 2 au 20 juin 2025).

