La neutralité suisse est devenue le jouet des intérêts politiques. On cherche désormais ouvertement à se rapprocher de l’OTAN et, sur le plan militaire, de l’Union européenne. La Suisse n’est plus en mesure d’exercer sa politique de paix et de médiation. Cela met en danger notre sécurité. D’un autre côté, la neutralité continue de jouir d’un fort soutien au sein de la population.

C’est pourquoi l’article 54a de la Constitution fédérale doit préciser la neutralité suisse, afin qu’elle ne soit plus soumise à l’arbitraire:

  1. La Suisse est neutre. Sa neutralité est permanente et armée.
  2. La Suisse n’adhère à aucune alliance militaire ou de défense. Une coopération avec de telles alliances est réservée au cas d’une attaque militaire directe contre la Suisse ou d’actions visant à préparer une telle attaque.
  3. La Suisse ne participe pas à des conflits militaires entre États tiers et ne prend pas non plus de mesures coercitives non militaires contre des États en guerre. Sont réservées les obligations envers l’Organisation des Nations Unies (ONU) ainsi que les mesures visant à empêcher le contournement de sanctions non militaires imposées par d’autres États.
  4. La Suisse utilise sa neutralité permanente pour la prévention et la résolution des conflits, et se tient à disposition comme médiatrice.

La neutralité de la Suisse est un modèle éprouvé de réussite et un élément central de notre identité démocratique directe. Elle représente une forme de politique de paix qui permet au pays de faciliter des négociations, d’agir comme médiatrice et de fournir une aide humanitaire. De plus, la neutralité est vitale pour le droit international humanitaire et pour des institutions comme le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
Grâce à la neutralité suisse, de nombreux conflits ont pu être évités et la paix a été préservée dans le pays pendant des siècles.
La neutralité est l’outil le plus important pour garantir la paix.
Cela ne vaut pas seulement pour les temps anciens, mais surtout pour l’époque actuelle. La condition pour prévenir les guerres, c’est la crédibilité, la fiabilité et la confiance.

Et cela n’est possible que si la neutralité suisse est:

  • permanente (perpétuelle),
  • armée (garantie par une armée de défense),
  • globale (intégrale), c’est-à-dire si non seulement les interventions militaires à l’étranger, mais aussi les mesures coercitives non militaires (sanctions économiques, sanctions diplomatiques, restrictions de voyage) sont interdites.

Seule une telle neutralité crée la crédibilité, la fiabilité et la confiance.